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Le jardin punk, une autre approche du jardinage

J'avais croisé le livre "Petit traité du jardin punk, apprendre à désapprendre" d'Eric Lenoir en librairie il y a quelques mois et j'avais été interpellé par ce titre ! Comment un jardin peut-il être punk ? Quelle est la philosophie derrière ce mouvement ? Quel rapport avec les plantes ?!

Je n'ai malheureusement pas acheté le livre pour moi même mais pour un collègue en me promettant d'y revenir plus tard. Mais les choses étant et ma pile de livre à lire ayant la fâcheuse tendance à augmenter de manière incontrôlée et surtout bien plus vite que ma capacité à lire, je ne l'ai jamais fait. Je crois d'ailleurs que cette manie a un nom : le tsundoku, soit l'art d'empiler les livres nouvellement acquis sans jamais les lire. Bref, je ne l'ai jamais acheté et il continuait à trotter dans un coin de ma tête.

Illustration de l'épisode 18 du podcast
Illustration de l'épisode 18 du podcast par Raphaelle Macaron

Heureusement, Arte Radio était là pour me rappeler ce livre et notamment le podcast "Vivons heureux avant la fin du monde" créé par Delphine Saltel. J'adore ce podcast qui approche avec beaucoup d'ouverture, d'humilité et une pointe d'humour quelques problématiques liées à l'écologie, et interroge nos modes de vie à partir de ses propres questionnements. Et voici que le dernier épisode traite du jardin punk avec une interview d'Eric Lenoir ! Cet épisode m'a particulièrement plus et fait réfléchir notamment car je suis en pleine installation d'un potager et je souhaite cultiver mes plantes aromatiques et médicinales favorites dans mon jardin. Creusons donc un peu plus le sujet.


Quel est donc le rapport entre le jardin et la culture punk ? Selon Eric Lenoir, pépiniériste spécialiste en plante aquatique, c'est avant tout un changement de point de vue, et un questionnement de nos gestes au jardin (qui sont en réalité parfois complétement absurdes !).

"Tout ce jardin qui consiste à faire la démonstration que l'homme domine la nature, je pense que c'est un modèle éculé.[...] C'est le vivant utilisé comme un meuble" Eric Lenoir

C'est de passer d'une maîtrise de la nature à un accompagnement discret, un laisser-faire tout en entretenant les milieux pour les empêcher de se refermer. C'est aussi de passer du temps à observer son jardin avant d'agir pour mieux le comprendre, lui et tout ses habitants.


Petit traité du jardin punk, Eric Lenoir, Terre Vivante Editions
Petit traité du jardin punk, Eric Lenoir, Terre Vivante Editions

Un exemple ma particulièrement frappé, c'est celui de la tonte du jardin. Un geste qui nous demande du temps et qui a un impact désastreux sur la biodiversité de nos pelouses. Cependant je constate que ce n'est pas si facile. Malgré le fait que personnellement une prairie en fleur à la place de mon jardin me plairait beaucoup ce n'est pas forcément le cas de mon entourage ! Mon conjoint a des envies de tondeuse dès que quelques herbes dépassent 10cm de haut (les picris fausse épervières sont en générale les premières à tomber). Ma maman tond aussi régulièrement son jardin à raz car "ça fait plus propre" sans compter mon cher papa que je charrie beaucoup aussi avec sa manie d'arracher chaque plant de pissenlit. La tonte et l'arrachage est tellement régulier que les plantes ce sont adaptées et que plus aucune pâquerette n'a de pédoncule florale de plus d'un cm ! Comment dépasser nos habitudes et accepter de laisser cet espace s'ensauvager et ne plus simplement être utile ou répondre à nos besoin de contrôle de la nature comme d'un objet utilitaire ? Comment accepter ces mauvaises herbes ou herbes folles comme elles sont nommées dans le MOOC Tela Botanica ? Car elles ont leur utilité pour restaurer les milieux perturbés et héberger une multitude d'êtres vivants. Peut être que c'est simplement une histoire de temps, et surtout de ne plus se soucier du regard des autres. Ne plus se soucier de ce que pensent nos voisins de nos mauvaises herbes au pied de notre mur, oser faire un barbecue et inviter dans un jardin en friche avec des herbes hautes qui peuvent chatouiller les mollets ! J'espère en tout cas commencer dans mon jardin et reléguer la tondeuse pour cette année ! Nous verrons le résultat.


Bref nous avons besoin de changer de regard sur les végétaux, sur les jardins, sur notre rôle et notre positionnement dans le vivant. Mais ce n'est pas suffisant ! Peut être que le lâcher prise sur nos jardin est aussi nécessaire, qu'il faudrai faire l'éloge de la paresse et simplement accompagner les plantes qui s'installent et les observer.


"Faire le moins possible pour faire avec la nature" Hervé Brunon

Cette démarche de jardin punk est très inspirante et je n'ai qu'une envie, ajouter ce livre à ma pile de livre à lire pour approfondir le sujet et donner un air un peu plus punk à mon jardin !

Et n'hésitez pas à écouter cet épisode et à découvrir tous les autres, les sujets sont variés et d'actualité et nous poussent à nous interroger sur nos gestes quotidiens et nos manières de vivre, avec bienveillance.


 

Ressources et liens

Eric LENOIR, Petit traité du jardin punk, apprendre à désapprendre, édition Terre vivante 2018

MOOC les herbes folles, Tela botanica, pour approfondir le sujet des plantes adventices et changer de regard sur les "mauvaises herbes"





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